Sommaire
A. De l'antiquité à la renaissance
B. La nomenclature
C. Règles de nomenclature botanique
D. L'évolution
E. Les classifications botaniques
A. De l'antiquité à la renaissance
De nombreux auteurs grecs et latins ont décrit et classé des plantes, mais le plus souvent, uniquement sous l'aspect utilitaire.
Au Moyen Age, la botanique, comme la plupart des sciences, subit une éclipse : les auteurs de cette période se contentent de copier, recopier et de commenter les quelques centaines de plantes décrites par les grecs Théophraste (IVème siècle av. JC) et Dioscoride (I° siècle de notre ère).
C'est à la Renaissance, surtout grâce à l'invention de l'imprimerie (large diffusion d'ouvrages botaniques) et aux grandes explorations (récoltes d'échantillons exotiques) que la botanique redémarre. Également réalisation des premiers herbiers
Jusqu'au début du XVIIIème siècle, il n'y a aucune règle de nomenclature universelle : les espèces sont désignées soit par plusieurs noms communs variables suivant les régions (noms vulgaires ou noms vernaculaires) soit par une brève phrase latine (polynôme qui comprend jusqu'à 15 ou 20 mots).
Heureusement, le suédois Carl VON LINNE (1707-1778), met au point un système permettant le classement de tous les végétaux connus. C'est le "système sexuel ", sexuel car les espèces sont classées d'abord d'après le nombre et la disposition des étamines. Ce système est décrit dans son ouvrage "SYSTEMA NATURAE" (1749).
Parallèlement, LINNE met au point la NOMENCLATURE BOTANIQUE BINOMIALE (ou binominale ou encore binaire), par laquelle chaque espèce est identifiée par 2 termes latins, le binôme qui correspond au nom de GENRE plus le nom d'ESPECE. Ce système est décrit dans "SPECIES PLANTARUM" publié en 1753.
C. Règles de nomenclature botanique
Le Binôme
Il comprend obligatoirement :
* le nom de genre : dans tous les cas, le nom de genre est latinisé et commence par une majuscule.*suivi du nom d'espèce : latinisé lui aussi (mais commençant toujours par une minuscule)
* ces deux termes latins (en italique, ou en gras ou soulignés, jamais d'accent) sont toujours suivis du nom, plus ou moins abrégé, du premier descripteur : L. pour Linné par exemple.
La date retenue comme point de départ pour l'appellation moderne des plantes supérieures est le 1° Mai 1753 (date de parution de "Species Plantarum" de Linné). Le nom retenu pour une espèce est donc le nom juste le plus ancien qui lui ait été attribué à partir de cette date. Les autres noms scientifiques qu'elle a pu recevoir après celui-ci sont considérés comme des synonymes.
Hiérarchie systématique
Plusieurs espèces proches constituent un GENRE.
Des genres voisins sont regroupés en une FAMILLE dont le nom est terminé par ACEES (ACEAE en latin). Il existe 8 familles pour lesquelles l'ancien nom est "toléré" (entre autres : les Graminées, les Crucifères, les Composées, les Légumineuses et les Ombellifères).Plusieurs familles voisines sont regroupées en un ORDRE dont le nom est terminé par ALES .
Jusqu'au XVIIIème siècle, les espèces étaient considérées comme fixes et immuables et il n'était pas question de remettre en cause ce dogme !
En 1800, Jean-Baptiste MONET DE LAMARCK (1744-1829), parle de la modification des espèces sous l'action du milieu, et de l'hérédité des caractères acquis. C'est la théorie du transformisme. Cette théorie fut violemment combattue et s'est, en partie, révélée fausse, mais Lamarck avait lancé la réflexion sur un problème tabou.
Le progrès décisif est réalisé par Charles DARWIN (1809-1882), qui, en 1859 dans son ouvrage intitulé "DE L'ORIGINE DES ESPECES" bouleverse les idées grâce à sa théorie de l'évolution par la sélection naturelle, théorie basée sur 2 grands principes :
* toutes les espèces vivantes manifestent une variabilité constante
* la sélection naturelle garde ou favorise les individus les plus aptes qui peuvent donner naissance à de nouvelles espèces
Là encore, les réactions et les discussions furent plus que violentes, mais cette théorie a fini par être adoptée par tous les scientifiques (il existe encore des opposants farouches à cette théorie : pour eux, les espèces ont été créées une bonne fois pour toutes il y a quelques milliers d'années et ceci n'est pas à discuter !).
Les systèmes de classification botanique ont évolué en même temps que les techniques et que les idées.
* Au tout début de la botanique, classifications utilitaires : plantes alimentaires, plantes médicinales, plantes toxiques, plantes tinctoriales,...
* A partir de la Renaissance essais de "classifications scientifiques" purement descriptives basées sur des critères morphologiques macroscopiques
* Début du XIXème siècle, réalisation de "classifications naturelles" essayant de tenir compte de la parenté entre les différents groupes végétaux (travaux d'Antoine-Laurent de Jussieu).
* Après les travaux de Darwin on a intégré la notion d'évolution et à partir du XXème siècle on a ajouté
+ des critères microscopiques : pollen, chromosomes
+ des critères biochimiques
+ et depuis quelques années, les techniques de la biologie moléculaire ont permis d'aller chercher des informations très précises et très fiables directement au niveau de l'ADN.Avec toutes ces données, on essaie maintenant de faire des Classifications phylogéniques (ou phylogénétiques) dans lesquelles on envisage la filiation entre les différents groupes ce qui permet de dresser un véritable arbre généalogique du monde végétal.